Il est des contrées où la plus légère allusion d'une atteinte à l'intégrité physique de la mère patrie, voire d'un sécession fait aussitôt monter le rouge de l'indignation au front de ses plus authentiques habitants qui ne se contenant plus, parcourent les villes et les campagnes, levant au ciel des mains tremblantes, versant des larmes de colère et rebaptisant les traîtres de quolibets un peu durs mais ô combien mérités.
Il en va autrement sous les cieux cléments de la Belgique. Certes l'on y signale la présencede prosélytes d'un extravagant rattachement de Bruxelles et de la Wallonie à la France, mais ils ne provoquent qu'un dédain froid, parfois accompagné de haussements d'épaules, voire d'un léger rire sarcastique chez les individus les plus sanguins. En d'autres termes, et pour paraphraser Eric-Emmanuel Schmitt, tout le monde s'en fout.
Je me propose dans le ci-présent essai de modifier très légèrement leurs revendications afin de briser l'indifférence dont elles souffrent et même d'assurer l'unanimité de nos contemporains.
Rattacher Bruxelles à la France, soit mais alors rattachons la à la Provence et de préférence au bord de la Méditerranée. Lors les Bruxellois (dont l'amour du soleil fera l'objet d'une étude ultérieure), outre les bénéfices qu'accorde la nationalité française, profiteront à peu de frais du climat et de l'hospitalité de ses autochtones méridionaux.
Je m'inquiète cependant du manque d'idées pratiques de notre siècle, où une proposition aussi simple et rationnelle devrait déjà être étudiée par les personnalités les plus éminentes.

J'ai bien l'honneur de vous saluer.