Si l’observateur doué d’entendement se demande pourquoi l’on trouve toujours des villages ruraux à la campagne et des logements urbains dans les villes, on lui répondra qu’il en est ainsi parce que l’habileté des peuples a constitué des demeures dont l’arrangement et la construction s’accordent exactement au paysage.
Et l’on pourra instruire ce même observateur que les variations subtiles de l’éther et du climat influencent également les bâtisseurs, et s’il est besoin de l’en convaincre on lui évoquera les habitants du septentrion qui se constituent des huttes de glace et de neige, très justement nommées igloo, pour maintenir la chaleur nécessaire à la prospérité de leur économie domestique. On l'édifiera de l’exemple les bédouins qui s’apprêtent des tentes de manière à résister aux vents du Sahara et à les préserver des chaleurs désertiques. Et lui parlera des villes d’Andalousie, dont les rues sont disposées de telle façon qu’elles produisent des courants d’airs rafraîchissant quelque peu les siestes des habitants, qui souffrent de la chaleur malgré leur fierté. On pourra même lui citer les relations véritables des voyageurs les plus éminents qui ont observé ce même phénomène dans toutes les régions du monde.
Mais nous devons admettre qu’il en va autrement à Bruxelles où il semblerait que les autochtones n’ont pas adapté leur habitat aux précipitations et à la fraîcheur. Les édifices ne préservent que médiocrement les passants de l’hostilité des cieux. Les trottoirs sont constitués de pavés sous lesquels se forment des poches d’eau qui éclaboussent judicieusement l’intérieur des pantalons (à hauteur des chaussettes), à condition que l’on marche dessus. Quant aux demeures, elles s’imprègnent d’humidité, favorisant le développement de champignons microscopiques non comestibles.
Je compte sur les développements positifs de la sciences moderne pour expliquer cette particularité, mais en attendant, j'ai bien l'honneur de vous saluer.