Depuis qu'il n'est plus dans les usages de se faire réveiller par un majordome, préalablement ramené d'une campagne dans les indes orientales, qui vous sert le thé et puis s’incline en psalmodiant : que le soleil irradie votre journée, sahib, l'homme moderne et cosmopolite est contraint de se réveiller lui-même. Il est assisté dans cette épreuve par un radio-réveil. Sans vouloir me vanter, je dispose d’un tel ustensile qui me rappelle quotidiennement l’heure où débutent les manœuvres préparatoires à l’intégration de mon lieu d’incarcération laborieuse en diffusant des informations radiophoniques et cependant matinales. Je ne sais pourquoi en écrivant ces lignes, me revient à l’esprit le souvenir de ce matin du mois d’août 2008 où alors que l'aurore nous lave les mains rien ne semblait surpasser en importance les Jeux Olympiques de Pékin. Le journaliste annonça l’interview d’un pékinois mitigé. Je connais le scepticisme du hongkongais, je sais la tempérance du singapourien, je soupçonne l’existence de cantonais modérés, mais j’ignorais l’existence du pékinois mitigé. Malgré l'importance du scoop, et l'intérêt qu'il y a à faire un micro-trottoir dans une ville de plus de 18 millios d'habitants, je ne pus réprimer un léger haussement d’épaules. J'avoue même avoir ressenti une manière de détachement, une imperceptible indifférence, un peu comme ce matin, lorsque le sus nommé radio réveil m'informa de la scission de l'union belge de football.

J'ai bien l'honneur de vous saluer.