mercredi 31 décembre 2008
Bonne année et que le miel vous coule dans la bouche afin que vos paroles soient toujours sucrées.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
mardi 23 décembre 2008
Le système du docteur Bolkestein
Cher lecteur, la nouvelle semble à peine croyable tant elle est inattendue mais les informations qui parviennent sur nos téléscripteurs depuis ce matin ne laissent aucun doute à ce sujet. Les autorités nous ont communiqué que ce blog ne respecte pas la directive Bolkestein. Englué dans des privilèges d'un autre âge, montrant une résistance obstinée au changement, témoignant même d'une certaine sympathie pour les anarcho-autonomes, l'auteur avait ignoré jusqu’à présent d'appliquer la directive relative aux libertés d'établissement des prestataires de service et à la libre circulation des services dans le marché intérieur. Ne pouvant plus se défiler, il lui a fallu passer un appel d’offre remporté semble-t-il par une société roumaine, il ne nous est pas permis d’en révéler le nom à cette heure, qui sera chargée désormais de rédiger les articles. Les dits articles, préalablement expurgés de toute forme de calembour et contrepet qui représentent une forme de concurrence déloyale, seront rédigés en roumain. Quoique, si les rumeurs d’achats de la société précitée par un groupe indien se confirment, la rédaction sera délocalisée au Bengladesh connu pour ses coûts de production avantageux. Le consommateur final bénéficierait alors d’un prix d’achat très intéressant qui compenserait le léger inconfort que représente la lecture d’articles en bengali.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
samedi 20 décembre 2008
Ligue de gentilhommes
Se pourrait-il que les oeuvres du Très Haut vous aient ocroyé un destin plus heureux et plus enviable que celui d'humoriste anglais, lequel est rémunéré par la BBC afin de faire rigoler ses contemporains (car un humoriste anglais a des contemporains) avec ce genre de choses: J'ai bien l'honneur de vous saluer.
mercredi 10 décembre 2008
Julien Grimonprez
Le souvenir des mercredis après midi en compagnie de Julien Grimonprez reste imprimé dans ma mémoire avec l'odeur discrète et doucereuse de graisse à frite froide qui imprégnait la maison de sa grand-mère. La perspective d’échapper quelques heures à la grisaille désoeuvrée de cette mi-saison bruxelloise, qui s’étend de mars à novembre, me poussait à suivre ce gamin antipathique quand il sonnait à ma porte en demandant sans enthousiasme : on va jouer chez ma bobonne ? Sa bobonne habitait à deux rues de chez mes parents, dans une maison haute et nostalgique, encombrée de meubles et de lambris sombres. Nous passions des heures à nous perdre dans le jardin ou à lire des Bob et Bobette dans les cuisines caves, jusqu’au moment où sa grand-mère nous appelait pour goûter. Elle nous gavait alors avec bienveillance de tartines de spéculoos, de chocolat granulé ou de cassonade Graeffe. Son intérieur avait la saveur fade et confortable de ces goûters, une saveur de Belgique désuète qui flottait sur les cartes postales de Blankenberge, le portrait de Baudouin et Fabiola et les souvenirs du Congo. Il y avait aussi les 78 tours de la star familiale, Chuck Grimonprez, le jazzman qui avait fait les belles heures du swingin’ Brussels. Je revis Julien devant la maison de son aïeule dont il avait hérité. Il se tenait devant la porte sans chapeau et en bras de chemise et m’attendait, car il m’avait vu passer. Je suis en train de vider les caves me dit-il, tu peux rentrer, y a des trucs qui peuvent t’intéresser. Il y avait en effet des trucs qui pouvaient m’intéresser, quelques carcasses de TSF dont les condensateurs variables étaient récupérables et surtout une édition des contes de Feridun le pèlerin[1]. Quand j’interrogeai Julien sur l’origine du bouquin il me répondit que ça devait appartenir à l’Arménien. Sa grand-mère parlait parfois de cet ancien locataire qui avait disparu en laissant toutes ces affaires et son argent. Prends-le je m’en fous me dit-il sans comprendre pourquoi je me réjouissais. Il y a de quoi pourtant, l’ouvrage n’est pas édité en persan mais dans la langue originale, le turkmène, et de plus écrit en caractères latins. Ce qui me permettra de vous en proposer une tentative de traduction. Je peux déjà vous dire que le premier conte s’intitule Comment l’astucieux Feridun échappa à un grand honneur. Pour la suite faudra attendre un peu, car ça va pas être de la tarte.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
[1] Yolcu Feridun, Kerkük, Ed. Vatan, 1932.
mardi 9 décembre 2008
Océan de sagesse
L’auteur de ce blog me prie d’informer le lecteur que le destinataire de notre coup de pied OQ, désormais mensuel, est l’ineffable Dalaï Lama. Un article de la Libre Belgique nous informe que le 4 décembre, jour de son passage au parlement européen, le célèbre auteur de brèves de comptoir a démontré ses talents de boute en train. Comme nous l’apprend l’article :
A entendre le Dalaï Lama jeudi matin dans l’hémicycle surpeuplé du Parlement européen, il n’y aurait qu’une seule différence depuis sa dernière visite en 2001: "sa vésicule biliaire" qu’il s’est fait ôter en octobre dernier après une hospitalisation surprise à New Delhi.
Si l’on en croit le sus nommé article, l’Océan de Sagesse n’en a perdu ni son sens de l’humour, ni sa belle humeur. Il n’a d’ailleurs plus de raison objective pour se faire de la bile. Nous pouvons lire plus loi que l’émanation du boddhisattva de la compassion :
(…) scrute l’assemblée et sa composition féminine, notant la présence de "certaines députées plutôt belles".
Lors de son prochain passage au parlement européen, il aurait même promis de nous faire son célèbre sketch sur le lâché de salopes.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
