jeudi 4 janvier 2007
Le bon usage du belgicisme
Amis
français (je ne m’adresse qu’aux lecteurs bénéficiant de cette nationalité et
positivement disposés à notre égard) j’ai le plaisir de vous informer que non
seulement nous sommes amis, mais qu’en plus nous sommes homoglottes, comme le
fait remarquer le professeur Rollin tous les samedis à 14h55 sur France
culture. Ce que ne fait pas remarquer l’inestimable professeur, c’est que vous
parlez assez mal notre langue. Sans vouloir vous vexer, amis français, votre
connaissance de la langue belge laisse à désirer. Certes, nous apprécions la sympathie
bonhomme de votre accent. Et vos expressions régionales, que l’on nomme aussi
parisianismes, ne manquent pas de pittoresque. Mais l’ignorance du belge dans
sa pureté académique peut nuire à votre intégration dans notre pays. Prenons l’exemple
de cet étudiant, visiblement ressortissant français, dont je surpris la
conversation téléphonique:
Bien
entendu, l’expression correcte est :
Je vais voir un kot entre l’heure du midi. Si tu veux,
tu sais une fois venir avec.
Veuillez ne plus commettre cette erreur à l'avenir.
J’ai
bien l’honneur de vous saluer.
lundi 27 février 2006
Tourisme afghan
Amis français (je ne m’adresse ici qu’aux lecteurs bénéficiant de cette nationalité et positivement disposés à notre égard), comme nous l’apprend une dépêche de l'agence Belga datée du 14 férier, le littoral belge fut récemment le théâtre d’évènements qui auraient pu menacer notre Royaume. N’ayons pas peur de l’écrire, il s’en est fallu de peu que l’on ne passe pas loin. Mais l'heureuse perspicacité des policiers de la zone Westkust, puisque tel est son nom, doublée de la prévoyance des serviteurs de l’Etat a permis de déjouer la conspiration. En effet, les communes de cette fameuse zone subissaient depuis quelques temps une invasion dont la nature et l’ampleur mettaient en péril la sûreté nationale. Et je m’empresse de vous en dire plus car je sens que vous ne tarderez pas à m’interrompre pour vous informer du sort de nos compatriotes du littoral. Figurez-vous que ces dernier ont du affronter une prolifération de déguisements d’une ampleur telle qu’elle avait provoqué de l'inquiétude parmi la population (je cite Belga). Les autorités ne pouvant tolérer un tel phénomène ont rédigé (en néerlandais) un règlement de police interdisant le port de déguisements. En passant, elles ont interdit aussi le port de la bourka, affirmant que le contrôle des porteuses d’un tel accessoire vestimentaire est difficile. Sans doute parce qu’il est dépourvu des poches propices au rangement des pièces d’identité.
Personnellement cette affaire me fait penser que la seule chose qui est déguisée ici, c'est l'islamophobie.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
mercredi 21 décembre 2005
Pour qui sonne le gras
Amis Français (je pense n'avoir aucune raison de douter de votre nationalité et de vos dispositions à notre égard), je voudrais vous mettre en garde avant toute visite dans notre royaume, les mitraillettes et les pistolets sont en vente libre à Bruxelles. L’étonnement se peint sur votre front, le doute soulève vos sourcils, déjà vos lèvres s’apprêtent à exprimer votre incrédulité mais permettez-moi de vous interrompre avant que vous n’émettiez des conclusions hâtives.
Certes le Belge, et le Bruxellois qui est une variante du Belge, n’a pas la réputation d’un individu velléitaire, prompt à la querelle et à l’usage des armes, aussi blanches soient-elles. Lorsque le Belge s’adonne aux conflits ethniques, car il existe plusieurs ethnies de Belges, il préfère les querelles juridiques aux viols collectifs, aux incendies de lieux de cultes et aux exécutions massives. Votre étonnement va croissant et je m’empresse de le dissiper.
Comme vous le savez, nous partageons la même langue, mais il nous arrive de la colorer d’expressions pittoresques, imagées et régionales nous donnant ce charme bonhomme dont vous êtes si friands et qui provoque parfois quelques malentendus.
En Belgique, un pistolet est un petit pain rond, à la mie tendre et à la croûte croquante, généralement vendu au prix modique de 30 centimes. La mitraillette appartient au même registre culinaire. Elle se présente sous la forme d’un quart de baguette judicieusement divisée en deux parties égales de manière à accueillir de la salade, des merguez (ou de la kefta, selon les préférences) et une portion de frites surmontées de mayonnaise. Le tout correspond à la ration calorique annuelle d'un Soudanais adulte et relègue le classique hamburger américain au rang d'amuse-gueule diététique.
Je m'étonne cependant que personne n'a introduit de plainte auprès du Programme Alimentaire Mondial à ce sujet.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
lundi 19 décembre 2005
Pays de la bière
Amis Français (je pense n’avoir aucune raison de douter de votre nationalité et de vos dispositions à notre égard) le Bruxellois se distingue des autres ethnies par son habileté à enterrer les morts. Sans doutes votre front se marque-t-il des plis de la surprise, vos lèvres esquissent-elles une moue incrédule mais un article paru dans le Brusseleir ( brusseleir.doc ), le journal officiel de notre bonne ville, ne laisse aucun doute à ce sujet. Le cimetière de Bruxelles a obtenu le deuxième prix lors des International Funeral Awards qui se déroulaient à Aarschot (Brabant Flamand) le 22 octobre dernier. Le journaliste écrit même que ledit cimetière a terminé sur la deuxième marche du podium. Je ne sais s’il faut s’étonner qu’un cimetière soit capable d’une telle prouesse, qu’un évènement si essentiel reste ignoré du plus grand nombre ou qu'il se soit déroulé quelque chose à Aarschot (Brabant Flamand).
L’auteur, sans doute emporté par son enthousiasme, ne nous dit pas en quoi consistaient les épreuves du concours, mais on les imagine aisément : course de corbillards, levée de cercueil (seul et en équipe), lancer de pierres tombales et de couronnes mortuaires. Les lecteurs plus versés en la matière n’hésiterons pas à me renseigner.
Malheureusement, faut-il y voir une marque de chauvinisme si peu commune chez nos compatriotes, il ne dit pas un mot de l'heureux gagnant du premier prix. Mais je ne doute pas que lors de la cérémonie, il avait une tête d'enterrement.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
