mardi 6 décembre 2005
Meyerismes
Heureux habitants de la Belgique et des contrées circumvoisines, je ne voudrais pas me vanter, mais je fus pris récemment d'un besoin pressant. Or, suite à un désordre passager de ma constitution, j'étais privé de l'organe nécessaire au soulagement du-dit besoin. Je parle bien entendu de mon téléphone portable, dont l'absence prive tout individu moderne et cosmopolite d'une partie de ses fonctions vitales. Fort heureusement Bruxelles est pourvue d’établissements propices au dépannage en pareille circonstance. On les nomme communément cabines satellites, fax phone ou plus vulgairement call shop. Celui que j'avisai ce jour représentait dignement le genre: une vitrine affichant le prix des communications avec des pays peu visités, une enseigne aux néons fatigués et une clientèle nostalgique. A l'intérieur, des petites cabines téléphoniques garantissent un semblant de confidentialité aux conversations. Le patron, dont la bonne bouille trahissait quelques années de service dans la garde rapprochée de Milosevic, s'ennuyait, et comme l'exige l'étiquette en pareil lieu, il ne répondit à mon bonjour que par un grognement discret.
Le temps de passer mon coup de fil, je constatai avec joie que l'art rupestre en vigueur dans les toilettes publiques s'épanouissait aussi dans ces petites cabines de fortune.
En partant, je hasardai un regard sur la vitrine. Elle énonçait fièrement: téléphone internationale, appels a l'étronger. A l'étronger... sans doute l’auteur voulait-il dire qu'ailleurs c'est la merde.
Décidément, nous vivons une époque moderne, j’ai bien l’honneur de vous saluer.
vendredi 20 mai 2005
Ajarismes
Beaucoup de Bruxellois sont d'origine étrangère, par commodité nous commencerons par les appeler étrangers.
On distingue généralement deux sortes d'étrangers: les expatriés, qui vivent dans les quartiers internationaux et les immigrés, qui vivent dans les quartiers multi-culturels. Les immigrés sont aussi appellés allochtones parce qu'ils ne sont pas prophètes dans son pays.
Beaucoup d'immigrés viennent du Maroc et de Turquie et à leur arrivée ils se sont installés dans les quartiers prévus à cet effet. Les Marocains et les Turcs y ont ouvert des boucheries et des épiceries du même nom et aussi des boulangeries parce qu'ils ne veulent pas manger le pain des Belges pour ne pas s'intégrer.
On y voit parfois des Belges convertis à l'Islam et qui deviennent intégristes pour être plus catholiques que le pape. On les reconnaît à leurs barbes et au costume qu'ils mettent pour passer inaperçus.
Les Noirs vivent aussi dans les quartiers turcs et marocains mais ils ont aussi un quartier Noir qui s'appelle Matonge où ils font leurs courses dans das magasins pakistanais. Ils peuvent aussi fréquenter d'autres Noirs pour ne pas perdre l'habitude. On y voit aussi des Blancs qui ont l'esprit Noir par solidarité et c'est ce qu'on appelle la discrimination positive.
Certains étrangers peuvent être à la fois des immigrés et des expatrié mais il ne faut pas confondre. Par exemple, si un Espagnol parle français en roulant les r et travaille à la commission, il s'agit d'un expatrié. Mais s'il parle avec l'accent bruxellois et qu'il est né en Belgique, il s'agit d'un immigré. Ceci nous apprend qu'un immigré est un étranger né en Belgique.
Remarquons que quand un expatrié ne parle pas français, on lui parle en anglais, tandis que quand un immigré ne parle pas flamand on dit qu'il ne veut pas s'intégrer.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
