mardi 8 janvier 2008
Tranche de vie
Je pouvais m’attendre à beaucoup de choses en sortant ce matin, mais pas à vivre une journée aussi banale. C’est même très rare de voir des journées d’une telle banalité, surtout par les temps qui courent.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
lundi 7 janvier 2008
La bonne nouvelle
Cette fin d’après midi était dominicale et le vent glacé de cet hiver allongeait l’attente du bus d’au moins 25 minutes. Le bruit des voitures restait en suspends dans l’air froid où il se congelait rapidement et retombait en fines lamelles sur le bitume sale et le trottoir que j’arpentais en calculant mentalement combien de pas pouvaient contenir 25 minutes et par une opération arithmétique appropriée, combien de fois ferais-je les cents pas jusqu’à l’arrivée du bus précité. D’autres pieds s’adonnaient à la même occupation en croisant parfois le carré imaginaire dans lequel je m’étais volontairement enfermé, lequel carré avait pour limite une poubelle, un poteau et le bord du trottoir correspondant aux deux éléments précités. Deux de ces pieds se distinguaient des autres par leur manière qu’ils avaient de passer près des miens avec insistance et parce qu’ils étaient chaussés de cuir noir. Ils étaient surmontés de jambes recouvertes d’un pantalon de la même couleur prolongé d’un veston assorti et d’un chapeau. Le visage sous le chapeau me demanda :
- Connaissez-vous Jésus Christ ?
- Non,répondis-je, je n’habite pas le quartier
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
vendredi 4 janvier 2008
Conte de noël
Un des intérêts majeurs des transports en commun bruxellois est d'offrir un terrain d'expression favorable aux individus présentant des comportements incongrus. Depuis que ma préférence s'est portée sur la fréquentation des lignes circulant dans le périmètre de la petite couronne, j'ai pu voir de mes propres yeux des voyageurs déguster du poulet rôti, d'autres se régaler de gaufres, de hamburgers, de frites et même de mitraillettes, beaucoup dont la base alimentaire semblait se limiter au sandwich ou à une de ses variantes et certains, plus matinaux il est vrai, ingurgiter des couques. J'ai eu le privilège de partager quelques minutes de voyage métropolitain avec des buveurs de bière, de coca, de café, de vin et plus rarement d'eau minérale. Il m’est arrivé d’assister aux effets diurétiques des dites boissons sur les précités voyageurs ou d’en constater les traces. J’eus la satisfaction de constater que mes collègues navetteurs mettent à profit leur quart d’heure de voyage quotidien pour prendre soin de leur hygiène corporelle en se coiffant, en se coupant les ongles, en s’épilant les sourcils ou le duvet, en se curant les dents voire même le nez. Mais c’est la première fois que je vois un type s’extraire le cérumen des oreilles à l’aide d’un ustensile métallique visiblement destiné à cet effet pour le nettoyer ensuite sur le siège d’à côté. Sans doute parce que je voyage rarement sur la ligne 66 le jour de noël.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
mardi 11 décembre 2007
Le palais nous écrit
Dans un courrier parvenu ce matin et portant le sceau du Palais, le grand échevin du protocole m’informe que les souverains apprécient particulièrement mes chroniques, qu’ils les jugent instructives et fort convenables mais que le dernier article mériterait d’être illustré de quelque photographie authentique et pittoresque. Je crois qu’avec ça sa devrait aller :
Et puisque je bénéficie d’aussi hautes marques d’estime, je promets de ne plus crier vive la république, même le jour où la Belgique sera dotée d’un gouvernement.
J'ai bien l'honneur de vous saluer.
lundi 10 décembre 2007
Une sympathie fluidique
On trouve de tout chez les bouquinistes bruxellois, même le numéro 45 de la revue hebdomadaire Les Bonnes Soirées, parue comme chacun sait le 14 novembre 1935. La couverture nous apprend que la dite revue contient un roman complet, que ce roman se nomme Le secret de son rêve et que nous le devons à l’imagination amoureuse de José Bozzi. L’auteur débute son œuvre par : L’allée était profonde. De grands arbres y jetaient leur ombre bienfaisante. Nous ne nous étonnerons donc pas qu’il poursuive en ces termes : Au loin, tout au bout de l’allée, dans un décor de carte postale anglaise, une maison claire, gaie, intensément gaie, une maison de poupée, peinte de couleurs vives, enjolivée de roses pimpantes, une maison de carton, la demeure de la jeunesse, du printemps, l’antre d’un poète ou d’une jeune fille. Les poètes et les jeunes filles vivent dans des maisons claires et ils partagent leur privilège avec un pianiste nommé Franz que l’on reconnait aisément car il a le front étroit et crispé sous l’afflux des idées. Sa voisine l’admire en secret, elle se nomme Mariska et voici comment on nous la peint : quelle exquise et prenante vision (…) quelle délicieuse châtelaine (Mariska est châtelaine) destinée à inspirer un peintre ou un musicien. Franz et Mariska sont unis par une sympathie fluidique. Et elle risque de rester fluidique car sa sœur Anna, vipérique, et monsieur son papa, le comte Brünn qui ajuste son monocle d’un geste familier s’opposent fermement à leur amour. Serge Volski, jeune poète aristocrate dont la famille désapprouve les fréquentations est le pote de Franz. Ils se retrouvent pour faire de la musique et ça donne : Le poème était souple et insinuant. La phrase tendre et suave. La musique ressemblait à une symphonie émouvante dont les notes s’étendaient en un rythme berceur et troublant. Nous avons là les éléments essentiels d’un roman de type romanesque dont nous ne trahirons pas l’intrigue en citant le dénouement : Et peut-être pour la première fois de sa vie, Mariska pleura des larmes de bonheur.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
mardi 27 novembre 2007
Divertissements honorables
Puisqu’il a plu au Très Haut de me voir embrasser la condition de père au foyer sans enfants, il lui est également agréable pour alléger mon sort de me permettre quelques divertissements honorables. J’entends par divertissement honorable la possibilité de relire, voire de réécouter, la chronique matinale de Paul Hermant surtout quand l’audition de cette dernière est perturbée par une certaine machine à café qui ne paye rien pour attendre. La lecture du nouveau blog de Marie Rennard ne souffre d’aucune interférence de machine à café mais constitue aussi un divertissement honorable, comme le blog de ce facétieux où l’on verra cependant que quand on dit que l’on se tait, on risque plus de parler pour ne rien dire que de faire vœux de silence.
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
jeudi 22 novembre 2007
Noble Belgique, ô mère chérie...
Amis lecteurs, compatriotes de tous les pays, je ne voudrais pas vous alarmer inutilement mais la Belgique vit des heures sombres. Je vous le concède, j’écris sombres alors que je pense noires. La Belgique vit des heures si noires que la meilleure des montres suisses ne nous serait pas plus utile qu’une bougie parfumée au cours d’une expédition spéléologique. Pourtant, il ne convient pas de se laisser aller à la dite noirceur. Prenez en exemple ces dizaines de millier de Belges, car les Belges peuvent être des dizaines de millier, qui ont défilé dans les rues de Bruxelles dimanche dernier pour démontrer leur attachement raisonnable au royaume. Vous l’aurez remarqué, je n’étais pas des leurs, car une crise de paludisme me força à consacrer ce dimanche à des lectures inutiles truffées de ces expressions ampoulées et désuètes qui me font tant rigoler. Je me fais donc un devoir de rattraper mon retard en criant : vive le Belgique, terre de contrastes où la tradition s’allie à la modernité et qui renferme tant de richesses : la Grand Place de Bruxelles, la villa gallo-romaine de Basse Wavre, l’abbaye de Villers-la-Ville, les villages troglodytes du Brabant Wallon, les fermes lacustres de Marcinelles, l’ île du Moerbeek, au large de Zeebrugge, qui abrite l’unique colonie de tortues de la mer du Nord, les montagnes entourant Louvain d’où par beau temps l’on aperçoit les neiges éternelles du Coudenberg, les fameuses fresques du temple d’Apollon à Anvers-Antinople (témoignage rare et précieux de la période belgo-hellénique), les lions de Waterloo, les vestiges phéniciens du port de Ostende, les iguanodons de Bernissart…
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
vendredi 9 novembre 2007
En attendant mieux
Le lecteur doué d’entendement aura remarqué très certainement un regain d’inactivité sur ce site au cours de ces dernières semaines. Que le susnommé lecteur se rassure car il n’y a là que l’effet d’une banqueroute, de l’honneur bafoué de la femme d’un colonel bien connu, d’un coup malheureux quoique mortel porté au prince de *** lors d’un duel et d’une retraite précipitée en Italie, habilement déguisée en vacances annuelles. Des divertissements mondains et de bon aloi, je ne vous le fais pas dire, et qui ne devraient nullement porter préjudice au-dit lecteur. Mais si tel devait être le cas, il lui sera permis de se rendre dans les établissements Kesteloot et fils (rue de Gravelines à Saint-Josse) où on lui accordera une réduction intéressante sur les oscillateurs basses fréquences et les pinces ampèremétriques (sur présentation de cet article).
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
jeudi 8 novembre 2007
Dégât collatéral
Si la Belgique éclate un jour… quel nom donnera-t-on aux belgicismes ?
J’ai bien l’honneur de vous saluer.
mercredi 19 septembre 2007
A votre avis...
...aurais-je une chance d’être recruté après l’entretien d’embauche de cet après-midi si je me laisse la moustache ?
J’ai bien l’honneur de vous saluer.

