chronicae bruxellensis

Texticules et pensées obsessionnelles sur Bruxelles, les moeurs de ses habitants et plénipotentiaires et autres sujets remarquables...

vendredi 8 février 2008

Acteur du social

Le lecteur doué d’entendement se souviendra, s’il est doté de quelque mémoire, qu’un article précédent avait révélé mon occupation professionnelle et que la dite occupation consiste à exercer la fonction de conseiller en insertion socioprofessionnelle. Le conseiller en insertion socioprofessionnelle, souvent nommé conseiller ISP par le vulgaire, n’est pas un acteur du social comme un autre. Il fait partie de l’aristocratie des travailleurs sociaux. Cet être rare et convoité par les recruteurs internationaux se distingue par son mépris de l’argent, il n’accepte qu’un salaire symbolique, et sa capacité à ingurgiter des litres de café lyophilisé. Son aptitude à rester éveillé lors des réunions d’intervision force l’admiration et il ne se plaint jamais de la vétusté de son lieu de travail. Certes, j’aurais pu préférer l’état d’humoristes anglais, si j’avais su plus tôt que l’on pouvait gagner sa vie en faisant ce genre de choses :

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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jeudi 22 novembre 2007

Noble Belgique, ô mère chérie...

Amis lecteurs, compatriotes de tous les pays, je ne voudrais pas vous alarmer inutilement mais la Belgique vit des heures sombres. Je vous le concède, j’écris sombres alors que je pense noires. La Belgique vit des heures si noires que la meilleure des montres suisses ne nous serait pas plus utile qu’une bougie parfumée au cours d’une expédition spéléologique. Pourtant, il ne convient pas de se laisser aller à la dite noirceur. Prenez en exemple ces dizaines de millier de Belges, car les Belges peuvent être des dizaines de millier, qui ont défilé dans les rues de Bruxelles dimanche dernier pour démontrer leur attachement raisonnable au royaume. Vous l’aurez remarqué, je n’étais pas des leurs, car une crise de paludisme me força à consacrer ce dimanche à des lectures inutiles truffées de ces expressions ampoulées et désuètes qui me font tant rigoler. Je me fais donc un devoir de rattraper mon retard en criant : vive le Belgique, terre de contrastes où la tradition s’allie à la modernité et qui renferme tant de richesses : la Grand Place de Bruxelles, la villa gallo-romaine de Basse Wavre, l’abbaye de Villers-la-Ville, les villages troglodytes du Brabant Wallon, les fermes lacustres de Marcinelles, l’ île du Moerbeek, au large de Zeebrugge, qui abrite l’unique colonie de tortues de la mer du Nord, les montagnes entourant Louvain d’où par beau temps l’on aperçoit les neiges éternelles du Coudenberg, les fameuses fresques du temple d’Apollon à Anvers-Antinople (témoignage rare et précieux de la période belgo-hellénique), les lions de Waterloo, les vestiges phéniciens du port de Ostende, les iguanodons de Bernissart…

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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jeudi 8 novembre 2007

Dégât collatéral

Si la Belgique éclate un jour… quel nom donnera-t-on aux belgicismes ?

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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mercredi 19 septembre 2007

A votre avis...

...aurais-je une chance d’être recruté après l’entretien d’embauche de cet après-midi si je me laisse la moustache ?

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

Posté par thco à 14:06 - Tram 81 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 10 août 2007

Dangers du gallicisme

J’ai la tâche pénible et pourtant nécessaire d’avertir les frivoles venus lire ces lignes avec l’espoir d’y trouver un divertissement futile que l’heure n’est plus à la déconne. L’auteur de ce blog, qui me fait l’honneur d’une correspondance régulière, me demande de vous informer qu’une menace plane sur la langue française. En effet, des formes baroques, des tournures impures corrompent notre langue à notre insu et bientôt le français se trouvera envahi de gallicismes. Si ça continue, la langue française sera parfaitement impropre à l’usage du marketing field manager, du dispatching officer voire du customer service representative. Il arrive même que le français se révèle inutile dans certaines situations d’urgence. Comme lorsque l’on doit désigner un aliment dont la saveur est acide. Dans ce cas on recommande l’usage du belgicisme sûr (du néerlandais zuur, acide) qui nous évite d’avoir recours au très vulgaire et ventripotent acidulé. Voilà pourquoi il faut dire des boules sûres et non des bonbons acidulés.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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mercredi 25 juillet 2007

Promotion négative

Le lecteur doué d’entendement remarquera un regain d’activité sur ce blog dans les prochains jours. J’ai été appelé à de nouvelles fonctions où ma faculté de résistance à l’emmerdement est mise à profit. C’est que mon employeur ne pouvant me virer décemment a décidé de m’octroyer une promotion. À condition de considérer que passer d’une planque à un placard constitue une promotion.
M’en fous, ça prouve que c’est pas dans les placards qu’on trouve les cocus.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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vendredi 23 février 2007

Où le lecteur s'instruira de cinq traits singuliers et peu connus de la personnalité et de la vie de l'auteur

Sur invitation de Mme Rennard, je vous  révèle ce qui suit.

1 - J’ai horreur des gens qui disent moi je suis quelqu’un de ou moi je suis quelqu’un qui. Pour tout vous dire, moi je suis quelqu’un qui ne supporte les gens qui disent moi je suis quelqu’un de.

2 - Je compose toutes ces chroniques en prenant un air digne et réservé. Toutefois, il m’arrive de sautiller très légèrement sur ma chaise au moment d’écrire le mot superhétérodyne.

3 - Lors d’une partie de chasse mémorable sur les terres de M. de ***, je fus victime d’un accident qui ma fait perdre toute notion du temps. Je tiens le précité pour responsable de tous les désagréments qui pourraient en résulter.

4 - Je n’aime pas les champignons de Paris, je préfère les choux de Bruxelles. Et ça ne changerait rien si les champignons étaient de Bruxelles et les choux de Paris. Ce n’est pas une question d’origine mais de goût.

5 - Avant d’occuper des fonctions très enviées et de recevoir des salaires indécents, monsieur Lapoire et moi-même étions des encodeurs intérimaires.

Je propose à mon tour au rédacteur en chef de Prisma International de se livrer au même divertissement.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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lundi 12 février 2007

Annonce à Marie

Discrimination positive, tirs amis, eurosceptique, guerre préventive, résistance au changement, initiative citoyenne, devoir de mémoire, frappe chirurgicale, pédagogie de la crise, droit d’ingérence, flexibilité, axe du mal, proactif, goût d’entreprendre, État social actif, immigration régulée, intégration, team builiding, économie sociale et solidaire, commerce équitable (de jardin), outsourcing, outplacement, activation du comportement des chômeurs, reclassement, consommateur final, flexisécurité, part de marché, romanquête, patriotisme économique, positionnement, évaluation, insertion socioprofessionnelle, gentrification, allochtone… sont moins sonores et moins utiles que priapique et libidineux.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

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lundi 5 février 2007

Intéressant et instructif

Si vous jetez un regard intéressé et chargé d’attention sur le site d’Ibn Kafka et plus précisément sur l’article de ce jour, vous lirez le compte rendu d’un livre que j’aurais aimé découvrir chez un bouquiniste des bords de Senne. Notez que le dit article fera particulièrement plaisir à Hugues dont le blog mérite aussi votre fréquentation. Cependant que vous vous livrez à ces distractions, j’entame la lecture de Fernand et Antony d’un certain A. Dumesnil dont le premier chapitre, très prometteur, s’intitule Le naufrage et commence comme suit : Par une fraîche matinée de septembre 1681, dans le port de Portsmouth, appareillait le navire marchand la Salamandre. Quelques lignes plus loin, nous faisons connaissance de Mme Nicholson, française d’origine et mariée richement en Angleterre (…). Elle était catholique, et quoiqu’elle eût trouvé dans son mari beaucoup d’attachement et d’égards, elle avait éprouvé les pénibles conséquences qui résultent de la diversité de religion entre époux. Comme le dit BHL, je sens qu’on va bien rigoler.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

Posté par thco à 21:45 - Tram 81 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 28 novembre 2006

La preuve

Les sceptiques douteront, les ricaneurs ricaneront, les hausseurs d’épaules se livreront à leur office mais ils ne me feront plus changer d’avis. Désormais c’est décidé, je crois en la réincarnation. Et pourtant j’étais un sectateur du scepticisme, j’avais participé à des campagnes de ricanement contre Paco Rabane, j’étais un hausseur d’épaules intégriste. J’étais ce misérable égaré jusqu’à la lecture de l’ouvrage du savant soviétique Ivan Akhmedov [1] bien connu des lecteurs éclairés. Les autres apprendront ici même qu’il fut le plus grand spécialiste de la réincarnation en URSS et un psychologue réputé. Chacun sait que l’hypnose permet de revoir des scènes de vies antérieures. Les plus illustres de nos contemporains en ont fait l’expérience et se sont découvert des existences passées aussi mondaines et brillantes que leur carrière, ce qui ne manque jamais pas d’attirer les sarcasmes des tristes rationalistes. Mais l’ouvrage susnommé apporte de quoi leur clouer le bec. Voici comment l’illustre savant relate ses visions sous hypnose :

(…) il pleuvait, je me trouvais dans une rue sale, le trottoir et la rue étaient pavés, des flaques d’eau se formaient un peu partout et l’on voyait ça et là des étrons canins. Je levai les yeux pour voir où je me trouvais et je vis une plaque portant le nom de la rue, elle s’appelait rue des Tanneurs, il y avait aussi une autre inscription en caractères latins mais dans une langue incompréhensible.

Etrange, il y a une rue des Tanneurs à Bruxelles, dans le quartier des Marolles. D’ailleurs le décor (pluie, pavés, rue sale, crottes de chiens…) décrit assez fidèlement la capitale belge. Plus étrange encore, l’inscription de la plaque de rue dans une langue incompréhensible. Serait-ce du néerlandais ? Mais poursuivons notre lecture :

(…) sur un banc, je trouvai un journal nommé Le Soir, il portait la date du 9 juillet 1909.

Le Soir, quotidien belge bien connu, paraissait déjà à l’époque. Mais comment le professeur Akhmedov, né en 1922, pouvait-il le savoir ? La suite est plus troublante encore :

Il flottait une forte odeur de friture, je me dirigeai vers l’endroit d’où elle semblait provenir, une sorte de cabane en bois portant une l’inscription (je transcris) ‘t witte madameke. Il s’agissait d’une sorte d’échoppe où l’on servait des pommes de terre frites dans des cornets de papier.

Le savant décrit là un fritkot (baraque à frites) typiquement bruxellois et l’écriteau que porte celui-ci ne laisse plus aucun doute sur sa situation géographique. Pourtant, sa biographie est formelle, le savant n’est jamais venu en Belgique. Comment pouvait-il connaître autant de détails sur cette ville alors ? Une conclusion s'impose: le professeur Akhmedov est la réincarnation d’un bruxellois ayant vécu au début du 20ème siècle.

J’ai bien l’honneur de vous saluer.

[1] Ivan AKHMEDOV Utilisation de l’hypnose dans la psychologie clinique soviétique, Ed. MIR, Moscou, 1968


Posté par thco à 16:02 - Tram 81 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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